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| Gérard Côté (Le Samedi, 15 février 1941) |
Il remporte sa première course à pied en 1931, franchissant en 1 heure et 11 minutes la distance de 18 km qui sépare Sainte-Madeleine de Saint-Hyacinthe.
Pendant les années qui suivent, Gérard Côté profite de toutes les occasions qui se présentent pour démontrer son endurance: des compétitions de course à pied, bien sûr, mais aussi des courses de longue distance en raquette, et même des épreuves de patin à roulettes!
"Gérard Côté de St-Hyacinthe a gagné la course de 28 heures en patins à roulettes disputée le 16 et 17 décembre dernier à Granby. Gérard Côté prendra part à la course en raquettes de Hull à Montréal cet hiver." (La Presse du 27 décembre 1932)
Le journal "Le Clairon" du 21 octobre 1932 relate une course entre Gérard Côté et un cheval, dont l'enjeu est de 25 dollars (c'est le cheval qui a gagné la course).
La participation de Côté à ces spectacles sportifs inusités ne dure qu'un temps. Pendant l'essentiel de sa carrière sportive, il se consacrera au marathon pendant la belle saison, et aux courses en raquette pendant l'hiver.
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| Le marathonien Gérard Côté (La Patrie, 19 avril 1943 et 25 octobre 1936) |
Marathons
À partir de 1935, Côté participe régulièrement à des marathons d'envergure au Canada et aux États-Unis. En octobre 1936, il remporte le marathon "Chiclets" de Montréal en 2 h 40 m 21 s, soit 7 minutes d'avance sur son plus proche poursuivant, établissant un nouveau record québécois.
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| La Presse, 26 octobre 1936 |
Ses premières participations aux marathons de Boston et de Yonkers (à New York) sont encourageants. Dans le cas de Yonkers, Côté termine deuxième quatre fois de suite: en 1936, en 1937, en 1938 et en 1939.
Dans les jours qui précèdent le marathon de Boston de 1938, Gérard Côté est unanimement considéré comme un des favoris pour remporter la course. Accablé par la chaleur, il doit toutefois se contenter d'une décevante 8e place.![]() |
| Gérard Côté et John Kelley lors du marathon de Boston en 1938 (Le Petit Journal, 24 avril 1938) |
L'envoyé spécial du Petit Journal accuse alors les organisateurs du marathon de Boston d'avoir volontairement défavorisé le coureur québécois. Il explique que l'équipe qui accompagnait Côté a tenté en vain d'obtenir un drapeau qui leur aurait permis de suivre les coureurs en automobile afin de fournir de l'eau à Côté et lui prodiguer des conseils. Les organisateurs ont prétendu que ces drapeaux étaient strictement réservés aux officiels de la course, mais ils en ont fourni sans problème aux entraîneurs des coureurs de Boston.
"Gérard n'eût pratiquement aucun appui puisque Brosseau eût toutes les difficultés du monde à l'approcher. Il n'eût aucun secours également et ce n'est pas surprenant du tout qu'il ait terminé la course épuisé et qu'il perdit connaissance après l'arrivée. De plus, dans l'épreuve même, on fit toutes sortes de difficultés à Côté parce qu'on craignait ce dernier." (Le Petit Journal, 24 avril 1938)
Victoires
C'est en 1940, à l'âge de 26 ans, que Gérard Côté connaît enfin la consécration au niveau international, remportant la même années le marathon de Boston et le marathon de Yonkers.
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| La Presse, 20 avril 1940 |
Dans le cas du marathon de Boston, tenu le 19 avril 1940, il établit un nouveau record pour cette course, soit 2 heures, 28 minutes et 28 secondes.
"En aucun temps, je n'ai eu de misère. Je n'ai souffert d'aucun malaise et du commencement à la fin, j'étais confiant de gagner. Je savais que je ne pouvais pas désappointer pour la cinquième fois de suite à Boston. Vers la fin, je me sentais fort et c'est ce qui me décida de déclencher une poussée qui me valut la victoire et un record." (La Parie, 28 avril 1940)
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| Gérard Côté au fil d'arrivée du marathon de Boston en 1940 (La Presse, 22 avril 1940) |
À son retour de Boston, Gérard Côté est accueilli triomphalement à Montréal le 26 avril 1940, et à Saint-Hyacinthe le lendemain: défilé dans les rues, banquet...
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| Suite à sa victoire au marathon de Boston, Gérard Côté est porté en triomphe à Montréal, à sa sortie du train. (Le Petit Journal, 28 avril 1940) |
"Côté a pensé à tout cela et quand il a vu madame Dengis qui lui envoyait la main et qui l'encourageait, il s'est dit à lui-même qu'il ne devait pas, en homme d'honneur, abaisser le record d'un si chic type, d'un si fameux coureur que Dengis, surtout quand sa veuve était présente." (La Patrie, 17 novembre 1940)
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| La Patrie, 11 novembre 1940 |
Suite à ces deux importantes victoires, on décerne à Gérard Côté le Trophée Lou-Marsh (athlète par excellence au Canada) et le Trophée Joseph-Cattarinich (athlète canadien-français s'étant le plus illustré au Canada ou aux États-Unis).
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| Gérard Côté (à gauche) recevant le trophée Jos Cattarinich (La Presse, 10 février 1941) |
Gerard Côté domine les principaux marathons pendant une bonne partie de la décennie, remportant le marathon de Boston en 1940, 1943, 1944 et 1948, et le marathon de Yonkers en 1940, 1943 et 1946. Il remporte également le premier marathon de Los Angeles en 1948. Avant chaque marathon, le coureur québécois insiste pour manger un steak. Et il célèbre chaque victoire en fumant un cigare!
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| Gérard Côté (La Presse, 19 avril 1943) |
Jeux Olympiques
À son grand regret, Gérard Côté n'a pas connu de succès aux Jeux Olympiques. En 1936, il arrive 5e aux essais olympiques canadiens à Toronto: il ne se qualifie donc pas pour les jeux de Berlin.
Quelques années plus tard, alors qu'il se trouve au sommet de sa forme, la guerre provoque l'annulation des Jeux Olympiques en 1940 et en 1944.
Côté devra donc patienter jusqu'en août 1948 pour participer à ses seuls Jeux Olympiques, ceux de Londres. Tous les espoirs sont alors permis, puisque dans les mois précédents, Côté a remporté le marathon de Boston (19 avril) et celui de Los Angeles (21 mai) mais il termine au 17e rang du marathon olympique, victime d'un claquage à une cuisse.
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| Le Devoir, 9 août 1948 |
En 1950 et en 1954, il se qualifie pour les Jeux de l'Empire Britannique, mais il est sur son déclin. Il se classe 11e à Auckland en 1950 et est forcé d'abandonner à Vancouver en 1954 (il a alors 40 ans).
Les marathons de raquette
On imagine difficilement à quel point les courses de raquette étaient populaires au Québec dans la première moitié du 20e siècle. L'événement principal était le Congrès Annuel de l'Union Canadienne et Américaine des Raquetteurs, qui rassemblait plusieurs centaines de raquetteurs du Québec, de l'Ontario et de la Nouvelle-Angleterre.
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| Le Soleil, 25 janvier 1936 |
De 1936 à 1944, Gérard Côté a systématiquement remporté une des deux premières places lors du marathon de 10 milles tenu lors de ce congrès annuel: première place en 1936, 1938, 1941, 1942 et 1943, et deuxième place en 1937, 1939, 1940 et 1944. Après son retour d'Angleterre, Côté arrive troisième au congrès de Manchester. New Hampshire, en 1947.
Lors du congrès d'Ottawa, en 1948, Côté arrive en retard à la course suite à une confusion concernant l'endroit du départ. Il participe quand même à la course, mais il est disqualifié pour avoir omis de subir son examen médical. Furieux, Côté annonce qu'il met fin à sa carrière de raquetteur.
Rencontré au début de la semaine, Gérard Côté nous a manifesté sa ferme intention d'abandonner définitivement la course de raquette, à la suite "de l'affront et du honteux traitement dont nous avons été victimes, Lloyd Evans, Lucien Jolin, Paul-Émile Gosselin et moi, au congrès international des raquetteurs, à Ottawa, en fin de semaine. Nous avons, Evans et moi, de dire Côté, contribué plus que quiconque à relever le sport de la raquette depuis une quinzaine d'années en Amérique, gagnant à nous deux 11 des 13 marathons des dernières conventions. C'est une bien piètre façon de reconnaître ce que nous avons fait pour les raquetteurs et, en ce qui me concerne, je ne m'adonnerai plus qu'à la course à pied désormais." (Le Clairon, 6 février 1948)
Gérard Côté est décédé le 12 juillet 1993 à Saint-Hyacinthe à l'âge de 79 ans.
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| Le Soleil, 14 juin 1993 |
En 2013, Paul Foisy a écrit une excellente biographie de Gérard Côté:
Gérard Côté, 192 000 km au pas de course
par Paul Foisy
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